A l’occasion de son Conseil national, qui s’est tenu le 14 février dernier, les branches professionnelles de l’U2P ont exprimé leur désapprobation sur des points résultants de la réforme de la formation professionnelle, depuis l’entrée en vigueur de la loi “pour la liberté de choisir son avenir professionnelle“.

L’U2P a fait part de ses préoccupations sur la réforme de l’apprentissage. En effet, la fusion de plusieurs dispositifs de soutien aux employeurs d’apprentis, l’aide unique déployée de façon transitoire en 2019 et le basculement des exonérations de spécifiques de cotisations sociales pour l’emploi d’un apprenti dans le nouveau dispositif général d’allégement de charges, engendrent une hausse de 1 000 à 2 000 euros par an pour un apprenti gagnant plus de 78% du SMIC. Les branches professionnelles de l’U2P vont être fortement pénalisées, formant plus de la moitié des apprentis en France.

Le Conseil national a également pointé du doigt le “coût préfecture” retenu pour les contrats d’apprentissage dont le montant risque de menacer l’équilibre financier de certains CFA.

Autre sujet sensible suscitant de vives inquiétudes : le FAFCEA. Le fonds chargé de financer la formation continue des professionnels indépendants affiche un manque à gagner de 11.5 millions d’euros en 2018. En cause, l’Urssaf, qui a désormais la compétence de la collecte des contributions à la formation professionnelle (loi de finances 2017), n’a pas prélevé 170 000 entreprises !

“A présent, l’Urssaf n’arrive pas à identifier les entreprises qui n’ont pas été prélevées ou ne veut pas faire de recouvrement” indique Alain Griset, Président de l’U2P.

Pis, face à cette baisse de recettes, le FAFCEA va devoir annoncer qu’à partir de mars, il ne pourra plus agréer de formation continue.

Il n’est pas acceptable, pour un chef d’entreprise indépendant, de devoir se dispenser de formation continue, alors que nous assistons à une évolution des métiers dans son ensemble et devons faire face à une transition numérique et écologique sans précédent.

Il n’est pas acceptable, pour un chef d’entreprise indépendant, de devoir.

C’est pourquoi, l’U2P de Normandie a écrit à l’ensemble des parlementaires normands pour les mettre en garde de la situation.