La mixité, ADN des entreprises de proximité

La mixité est dans l’ADN des entreprises de l’artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, en raison de leur structure souvent familiale, et parce que certaines professions sont fortement féminisées. Pas moins de 800 000 femmes chefs d’entreprise font vivre et développent l’économie de proximité et, en 2017, elles ont créé 4 entreprises individuelles sur 10.

Cette mixité est une source incontestable de dynamisme, c’est pourquoi l’U2P et ses organisations membres mènent régulièrement des actions visant à la conforter. Parallèlement, elles militent pour que les conjoints qui travaillent régulièrement dans l’entreprise choisissent un statut leur garantissant des droits sociaux.

Ainsi, artisanat, commerce de proximité et professions libérales accueillent de plus en plus de femmes, tous échelons confondus : 44 % des actifs dans les entreprises libérales sont des femmes. Dans l’artisanat et le commerce de proximité, leur proportion augmente d’année en année et atteint aujourd’hui 26 %.

Non seulement les femmes sont très actives au sein de l’économie de proximité, mais elles assument davantage de responsabilités que dans les autres secteurs : les professions libérales comptent par exemple 42 % de femmes chefs d’entreprise, le commerce de proximité 38 % et l’artisanat 23 % — deux fois plus que dans les années 80 — contre seulement 19 % dans l’ensemble des entreprises de plus de 10 salariés.

Si la situation demeure inégale, les femmes étant fortement représentées dans certains métiers et encore trop peu nombreuses dans d’autres, la tendance est incontestablement à une mixité accrue. L’artisanat du bâtiment, qui ne comptait quasiment aucune femme il y a 30 ans, s’appuie aujourd’hui sur 11 % de salariées. Même mouvement dans l’artisanat de l’alimentation où les dirigeantes d’entreprise sont trois fois plus nombreuses qu’en 1984 : 23 % contre 8 %.

« Nos efforts pour sensibiliser les jeunes apprenties, lutter contre les préjugés et informer aussi largement que possible portent leurs fruits : la tendance confirme partout une plus forte mixité dans les entreprises de proximité, déjà bonnes élèves en la matière. Cela conforte aussi notre action et nous encourage à poursuivre dans cette direction » explique Catherine Foucher, Présidente du groupe de travail sur la parité de l’U2P.

Alain Griset, président de l’U2P, a ajouté : « Je suis fier des avancées réalisées et du rôle moteur que jouent les entreprises de proximité en faveur d’une plus grande mixité et d’une plus grande égalité des femmes et des hommes dans la société. C’est un progrès souhaitable pour tous et indispensable pour créer davantage d’emplois et de richesses dans nos territoires. »


Assurance chômage : Oui à une réforme qui prend en compte le risque entrepreneurial

L’U2P est globalement satisfaite de l’accord du 22 février 2018 qu’elle signera.

La voie ouverte par les partenaires sociaux pour traiter la question des contrats de courte durée est la bonne. En effet, elle évite de stigmatiser quelques professions et confie aux branches professionnelles qui sont les mieux placées pour le faire, le soin de définir les moyens de limiter l’usage des contrats courts aux situations qui l’exigent.

De même, l’U2P souscrit à l’idée d’accorder aux salariés démissionnaires les mêmes droits que ceux réservés aux chômeurs, à la condition que la démission repose sur un vrai projet de reconversion professionnelle.

S’agissant de l’extension de l’assurance chômage aux travailleurs indépendants, l’U2P a convenu avec l’ensemble des partenaires sociaux que ce sujet ne pouvait être traité dans le cadre d’une négociation paritaire.

L’U2P a toujours indiqué qu’elle n’avait pas de demande particulière d’ouverture de nouveaux droits pour les travailleurs indépendants. Néanmoins, compte tenu de la volonté politique du président de la République de mettre en place pour ceux-ci une assurance chômage sans cotisation, l’U2P se félicite que les critères d’accès qu’elle proposait aient été retenus, évitant des dérapages financiers que personne ne souhaite.

Ainsi, la réforme visera à accorder une indemnité minimale aux travailleurs indépendants en situation de liquidation judiciaire, sans prélèvement supplémentaire pour les entreprises.

L’U2P soutient cette orientation qui prend en compte le risque entrepreneurial et qui permettra aux travailleurs indépendants de « rebondir » vers une nouvelle activité. L’U2P veillera dans les prochaines semaines à ce que ces orientations soient bien confirmées dans le contenu du projet de loi.

Enfin, l’U2P souhaite rappeler au gouvernement la nécessité que les chefs d’entreprise puissent continuer à souscrire à une garantie complémentaire (type Garantie sociale des chefs d’entreprise) et qu’ils y soient incités financièrement.

Le Président de l’U2P Alain Griset a ajouté « Cet accord est le meilleur que l’on pouvait espérer dans le cadre imposé par le gouvernement. Je constate avec satisfaction que l’U2P a été entendue sur les modalités de mise en œuvre du risque perte d’emploi des travailleurs indépendants. »